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Episode 3 - la salade du bonheur

« Quelle journée, mais quelle journée , vous exclamez-vous en franchissant le pas de votre lourde porte de bois. Ce sale petit Dylan ne perd rien pour attendre, je compte bien regagner mes billes demain à la récréation. Si seulement... si seulement maman me préparait une salade du bonheur ce soir, cela me remettrait du baume au cœur ! »

Une salade du bonheur ? Rien de plus simple, il suffisait de demander. Voici ce dont vous aurez besoin :

  • 4 pommes de terre
  • 1 gros oignon jaune
  • 1 gousse d’ail
  • Quelques petites tomates
  • 3 cuillères à soupe de pois chiche (parce que cela faisait longtemps que vous n’en aviez pas mangé)
  • 2 cuillères à soupes de câpres
  • 50 à 100 grammes de roquette
  • Persil plat frais
  • Ras-el-hanout
  • Tabasco
  • Huile d’olive
  • Sel et poivre
  • Vinaigre balsamique

Temps estimé ? 45 minutes, soit une mi-temps de football ou 4,5 kilomètres de marche à pieds au rythme de 6 kilomètres/heures.

Retroussez vos manches de chemise, inspirez, expirez, c’est parti. Lavez et pelez les pommes de terre et oignon. Tranchez la gorge des pommes de terre, puis coupez-les en dés. N’ayez crainte : à l’inverse de la carotte, la pomme de terre ne ressent pas la douleur. Faites-en de même pour l’oignon, que vous couperez en fines lamelles.

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Dans une poêle, un wok ou un casque à pointe allemand, versez deux à trois cuillères à soupe d’huile d’olive, à feu moyen. N’ayez pas froid aux yeux ; l’huile d’olive, c’est la vie. Écrasez l’ail dans la poêle à l’aide d’un presse-ail, à moins que votre partenaire ne vous aime d’un amour sans borne.

Le temps de réciter trois fois l’hideuse invocation du grand Cthulhu (Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn), incorporez les pommes de terre, l’oignon, les câpres et les pois chiches, préalablement lavés à l’eau du puits. Saupoudrez le tout de ras-el-hanout avec libéralité, puis couvrez la poêle.

Si vous ignorez le sens du mot « mijoter », c’est le moment de vous instruire, parce que votre tambouille-là, il va falloir la faire mijoter, et plutôt deux fois qu’une la salope. Disons trente bonnes minutes, que vous saurez utilisez intelligemment : déclarez vos impôts, mangez cinq fruits et légumes par jour, votez aux élections municipales.

(Ellipse temporelle)

La-haut dans l’horloge murale, mais aussi à votre poignet velu, l’implacable trotteuse a poursuivi sa funeste entreprise. Les minutes se sont écoulées, inexorablement. Il est temps de prendre un saladier et d’y déposer la roquette et les tomates cocktails coupées en quatre. Assaisonnez ensuite de deux cuillères à soupe de vinaigre balsamique (mais pas d’huile d’olive, qui se trouve dans votre casques à pointe allemand avec les pommes de terre et le reste, je ne sais pas si vous suivez, ça commence à devenir compliqué).

Lorsque les pommes de terre sont tendres comme le cœur d’une pucelle, et les oignons caramélisés, ôtez-les du feu et réservez (ce qui signifie mettre de côté sur votre plan de travail à la propreté suspecte, mais en plus classe). Quand la préparation a un peu refroidi, versez-la dans le saladier, assaisonnez, et ajoutez-y le persil plat haché et quelques gouttes de Tabasco – n’ayez pas froid aux yeux, car le Tabasco, que buvaient à la bouteille nos ancêtres celto-païens, c’est la vie. Ayez tout de même un petit peu froid aux yeux, parce que le Tabasco, ça arrache sa mère (la pute).

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Voilà, sur ces entrefaites, servez, et rappelez-vous que ce sale petit Dylan ne perd rien pour attendre.

Normalement c’est plutôt bon.

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